Déboulonnage de la statue d'Alexandre III à la révolution russe. |
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"La
Hongrie a symboliquement immortalisé non sans humour, quarante
années de son histoire: dimanche 27 juin [1993] à l'occasion
des festivités qui devaient marquer le deuxième anniversaire
du départ des troupes soviétiques, la ville de Budapest,
dirigée par le dissident de longue date Gabor Demszky, a inauguré
le premier musée en plein air des statues socialistes dans un ancien
État du bloc soviétique. À l'ombre du monument aux
martyrs et sous le regard bienveillant de deux colosses de l'armée
rouge, une troupe parodiant une cérémonie officielle des
années 50, avec son cortège de pionniers, de héros
du travail et ses discours en jargon communiste, a joyeusement célébré
la naissance de ce parc d'attractions d'un genre particulier qui sera
ouvert au public le 1er août. Étalé sur 4 hectares
à la périphérie de la ville, le musée regroupe
une quarantaine de statues et une dizaine de plaques commémoratives
de l'ancien régime. C'est d'ailleurs l'un des rares endroits en
Hongrie où il est encore possible d'exhiber sans crainte des drapeaux
rouges, depuis la récente interdiction de l'utilisation publique
des sigles communistes sauf à des fins «culturelles»
ou «éducatives». Histoire oblige, les statues des pères
fondateurs du socialisme, Marx, Engels, Lénine, sont nichées
aux deux extrémités du panthéon néo-classique
dressé à l'entrée du musée. Les autres reliques
ont été réparties en trois groupes: les événements
historiques, les figures politiques, et le monument «AUX LIBÉRATEURS»
de 1945, revenus en 1956 pour mâter l'insurrection hongroise. Au
milieu des fleurs en forme d'étoile rouge qui ornaient jadis l'entrée
du Pont des chaînes, et pour terminer la balade, un autre clin d'œil
: un mur." Régine Robin, "Le naufrage du siècle",
Berg International/XYZ, 1995. |
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