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Sacrée vigueur le Père Duchêne, en 1793 son journal
allumait déjà les passions : un "enragé",
Hébert, lui prêtait sa plume. Soixante-huit ans plus tard,
le Père Duchêne reprend du service pour la Commune de Paris;
Vermersch, un poète, lui offre sa verve. Foutre, foutre ! Dans
un numéro spécial, le bon Père Duchêne jubile
sur la chute de la colonne, on va pouvoir fondre le monument à
la gloire de l'empereur qui nous a mis dans la moutarde et en faire des
sous pour les vrais patriotes. De quoi, des bourgeois regimbent ? Pas
étonnants, ils n'ont qu'une patrie : l'argent. Au tas, les profiteurs
! Et que ces bougresses de cagotes dans leurs boîtes à messes
cessent de piailler. Au bloc les calotins ! Et de deux ! Foutre, foutre,
nous voulons une grande fédération universelle. Égalité
entre tous les hommes ! Plus de tyrannie, à cul les exploiteurs
!
Simpliste, le Père Duchêne ? Diable, non. Derrière
l'invective drolatique, de fines analyses sur le code Napoléon;
sous la faconde, un vrai projet politique. Et, tout comme Courbet peint
chatte une chatte, le Père Duchêne appelle un chat un chat.
Droit au but ! De la gaillardise ! De la générosité
! Et que cela exulte, nom de Dieu ! Qu'en prennent de la graine tous les
petits crevés noircissant des lignes en direct de leurs nombrils
branchouillés ! Et les pisse vinaigre tiède, pisse copies
glacée à ergoter sur la taille de leur crête ! Reviens
Père Duchêne…
T K
La série de Thierry Kübler paraît de façon hebdomadaire.
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