| Le nombre de
rencontres, d'entretiens biaisés parce qu'il nous fallait ressortir
de là avec cette promesse, coûte que coûte..
Nous avons parlé longtemps et, tout d'un coup, il me dit, en arabe
cette fois, sur le ton de la confidence:
— Tu me vois là ? je suis un homme. En effet, les tempes
grisonnent. Surprise, j'opine de la tête.
— Eh bien vois-tu, là, là, je chie dans mon froc ..
Bien entendu j'ai ri, mais je m'en souviens encore…
À ce moment, il perd tout contrôle : il se met à jurer
par tous les saints que c'est la dernière fois qu'il se retrouve
ici. Il en a eu des copines françaises même que certaines
lui proposaient de se marier ; il ne voulait pas, il n'était pas
amoureux m'expliquait-il, il n'a jamais voulu mais, à cet instant
précis, il le regrette. Oui, il va se marier, c'est la seule solution
qu'il voit…moi aussi, c'est la seule que je vois.
Un jour, bien des années plus tard, en me rendant à l'hôpital
Tenon, pour une visite de routine, je croisai un ami à lui et lui
demandai des nouvelles : dans le flot d'informations qu'il me donna, je
n'ai retenu que son mariage, contente pour lui, mabrouk !!
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Je n'ai plus
de revenus depuis au moins trois mois. Mon employeur a transmis mes coordonnées
à l'Agence Nationale Pour l'Emploi. Un texte de loi stipule que
les étudiants étrangers ayant cotisé ont droit aux
allocations de chômage. C'est un secret national, jamais divulgué.
Je l'ai appris par hasard par une dame, femme du cousin d'une amie de
ma tante (vous suivez?). Cette dame travaille elle même dans une
ANPE. Je l'ai donc cherché ce texte, longtemps. Je l'ai trouvé.
Il est indécent d'être étranger dans un pays et d'y
toucher des allocations, le temps de retrouver un emploi. L'on tombe immédiatement
dans le cliché fort répandu, de l'étranger (j'ose
pas écrire Arabe) qui vit des contributions des Français
travailleurs. Ce passage fut court mais mal vécu. Pas assumé.
Je m'égare…
Revenons à nos moutons. Préfecture donc... J'attends mon
nom comme un couperet. J'ai droit ce jour-là à un régime
spécial : je suis convoquée pour un rendez-vous personnel
avec la chef de service. Devrais-je m'en réjouir?
Je ne pense plus qu'à ça. Je soutiens mon doctorat, non
sans mal, mais il s'agit là d'une autre histoire…
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